20.04.2026

Médaille d'honneur du travail : avez-vous droit à la gratification et comment la réclamer ?

Vous approchez d’un cap : vingt, trente, trente-cinq ou quarante ans de carrière. Autour de vous, on parle de médaille d’honneur du travail, mais vous ne savez pas exactement ce à quoi vous avez droit, ni si les conditions sont remplies dans votre cas. Et si vous avez entendu parler d’une gratification versée par l’entreprise à cette occasion, vous vous demandez peut-être si elle est bien obligatoire, et ce qu’elle vaut vraiment en 2026. Ce guide répond à ces questions dans l’ordre dans lequel elles se posent concrètement : d’abord votre éligibilité, ensuite le calcul de votre ancienneté, puis la procédure de demande, et enfin vos droits en matière de gratification, avec les changements importants introduits par la loi de finances pour 2026.

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Êtes-vous éligible à la médaille d’honneur du travail ?

Qui peut en bénéficier ?

La médaille d’honneur du travail est décernée par le ministère du Travail. Elle vise à récompenser soit l’ancienneté des services honorables accomplis par un salarié, soit la qualité exceptionnelle des initiatives prises dans l’exercice de sa profession ou ses efforts pour acquérir une meilleure qualification (D. n° 84-591, 4 juill. 1984 modifié, art. 1). Deux critères alternatifs, donc : la durée et le mérite.

La médaille est ouverte à toute personne liée par un contrat de travail, quelle que soit sa nationalité, dès lors qu’elle exerce son activité sur le territoire national, pour un employeur français ou étranger (D. n° 84-591, précité, art. 2). La situation personnelle du salarié importe peu : ce qui compte, c’est l’existence d’un contrat de travail en bonne et due forme.

Les salariés en poste à l’étranger pour le compte d’une entreprise française y ont également accès, que ce soit dans une succursale, une agence, ou une filiale d’une société dont le siège social est établi en France, même si cette filiale obéit au droit local (D. n° 84-591, précité, art. 3). À titre tout à fait exceptionnel, des salariés résidant à l’étranger et travaillant pour des entreprises étrangères peuvent eux aussi en bénéficier, si leur activité a contribué de façon notable au rayonnement de la France.

En clair : votre nationalité, celle de votre employeur, ou le fait de travailler hors de France ne sont pas des obstacles. Ce qui compte, c’est votre contrat de travail et votre ancienneté de services.

Vous êtes à la retraite ? Vous pouvez toujours demander la médaille

Partir à la retraite ne ferme pas la porte. Les personnes qui ont cessé leur activité professionnelle peuvent encore solliciter la médaille, à condition qu’elles remplissaient les conditions requises d’ancienneté au moment de leur départ, peu importe quand celui-ci a eu lieu (D. n° 84-591, précité, art. 12, al. 1).

La médaille peut même être obtenue à titre posthume. Si un salarié décédé avait atteint le seuil d’ancienneté requis avant sa disparition, sa famille a cinq ans à compter du décès pour en faire la demande (D. n° 84-591, précité, art. 12, al. 2). Un cas particulier mérite d’être signalé : la grande médaille d’or peut être accordée à titre posthume, sans aucune condition d’ancienneté, aux salariés victimes d’un accident mortel dans l’exercice de leur profession.

Qui n’y a pas droit ?

La médaille d’honneur du travail n’est pas universelle. Plusieurs catégories en sont exclues (D. n° 84-591, précité, art. 5) : les magistrats de l’ordre judiciaire, les fonctionnaires titulaires de l’État, et plus généralement tous ceux qui peuvent prétendre, par leur profession ou celle de leur employeur, à une autre distinction pour ancienneté de services, comme la médaille d’honneur agricole ou la médaille des chemins de fer.

Du côté de la fonction publique territoriale, les agents relevant du statut de fonctionnaire territorial sont exclus, car ils ont accès à la médaille d’honneur régionale, départementale et communale. Mais un agent d’une collectivité soumis à un régime de droit privé reste éligible (Rép. AN, 6 avr. 1992, n° 55118). Les agents non titulaires des administrations publiques le sont aussi (Circ. min., 23 nov. 1984, BO Trav. 1984, n° 48).

Enfin, une condamnation pénale peut constituer un obstacle, mais pas un obstacle définitif. Lorsqu’elle ne présente pas un caractère de gravité, l’attribution de la médaille reste possible après un délai de quatre ans (Circ. min., 23 nov. 1984, BO Trav. 1984, n° 48).

En clair : une condamnation ancienne et non grave ne vous prive pas à jamais de la médaille. La situation mérite d’être évaluée au cas par cas.

Quelle ancienneté faut-il réellement pour atteindre chaque échelon ?

Les quatre niveaux de la médaille

La médaille d’honneur du travail ne se décline pas en un seul modèle. Elle comprend quatre échelons, chacun associé à un seuil d’ancienneté (D. n° 84-591, précité, art. 6) :

  • médaille d’argent : 20 ans ;
  • médaille de vermeil : 30 ans ;
  • médaille d’or : 35 ans ;
  • grande médaille d’or : 40 ans.

Deux précisions importantes : il n’est pas nécessaire d’avoir travaillé de façon continue, et le nombre d’employeurs successifs est illimité. Une carrière fractionnée entre dix entreprises différentes ouvre exactement les mêmes droits qu’une carrière passée chez un seul et même employeur.

Quelles périodes entrent dans le calcul ?

C’est là que la réponse devient moins intuitive. Au-delà du travail effectif, plusieurs autres périodes s’ajoutent à l’ancienneté prise en compte (D. n° 84-591, précité, art. 7, 8 et 10 ; Fiche pratique du ministère du Travail, 30 mars 2026) : l’apprentissage, les stages de formation professionnelle rémunérés, le projet de transition professionnelle (PTP), les congés de conversion, les CDD conclus dans le cadre des politiques de l’emploi, et le temps passé au titre du service national pour les non-militaires de carrière. Les congés parentaux entrent également dans le calcul, mais dans une limite d’un an sur l’ensemble d’une carrière.

À l’inverse, certaines périodes ne comptent pas. Les arrêts maladie prolongés en sont exclus, à la différence des courtes maladies. Les périodes de chômage ne s’intègrent pas non plus dans le calcul, pas plus que les années accomplies dans le secteur public (Fiche pratique du ministère du Travail, 30 mars 2026).

En clair : votre ancienneté “réelle” au sens de la médaille peut être inférieure à votre ancienneté apparente. Si vous avez traversé de longues périodes d’arrêt maladie ou de chômage, votre seuil effectif sera décalé d’autant.

Des bonifications selon votre parcours

Certaines situations permettent d’atteindre les échelons avec moins d’ancienneté que la durée standard.

Si votre métier est pénible au sens de la législation sur la retraite anticipée, les seuils sont ramenés à 18, 25, 30 et 35 ans (D. n° 84-591, précité, art. 6). Si vous avez subi un accident du travail ou une maladie professionnelle entraînant une incapacité permanente, les règles diffèrent encore (D. n° 84-591, précité, art. 13) : une incapacité entre 50 et 75 % divise par deux les durées requises ; au-delà de 75 %, la médaille d’argent est accordée sans condition d’ancienneté, les échelons suivants s’enchaînant ensuite à intervalles réduits ; une incapacité totale de 100 % ouvre immédiatement droit à la grande médaille d’or.

Pour les carrières effectuées hors de métropole, une règle avantageuse s’applique : pour les travailleurs français résidant à l’étranger ou dans les DOM-TOM, un tiers du temps passé hors du territoire métropolitain s’ajoute à la durée effective, ce qui réduit mécaniquement le seuil à atteindre (D. n° 84-591, précité, art. 11).

Exemple : Paul a effectué 15 années de sa carrière en Martinique pour le compte d’une entreprise française. Un tiers de ces 15 ans, soit 5 ans, vient s’ajouter à sa durée effective. Son ancienneté reconstituée atteint donc 20 ans, ce qui lui ouvre droit à la médaille d’argent, alors même qu’il ne totalise que 15 années de travail effectif.

La médaille n’est pas acquise définitivement dans tous les cas. Elle est perdue de plein droit en cas de déchéance de la nationalité française ou à la suite d’une condamnation à une peine afflictive ou infamante (D. n° 84-591, précité, art. 15).

Comment déposer votre dossier ?

Deux fenêtres dans l’année, et des délais qui ne souffrent pas d’exception

Les promotions ont lieu deux fois par an : le 1er janvier et le 14 juillet. Les dossiers doivent impérativement être déposés avant le 1er mai pour la promotion estivale, et avant le 15 octobre pour la promotion du 1er janvier suivant (D. n° 84-591, précité, art. 16). Ces délais sont fermes. Un dossier reçu un jour trop tard sera automatiquement reporté à la promotion suivante, soit six mois plus tard.

La demande peut être initiée par le salarié lui-même ou par son employeur.

La voie normale : le téléservice en ligne

Dans la grande majorité des départements, la procédure est entièrement dématérialisée. La demande se fait via FranceConnect, sur la plateforme https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/mhtravail. Vous y déposez, numérisés : votre pièce d’identité recto-verso, une attestation signée par votre employeur actuel ou dernier employeur, vos justificatifs de service national si nécessaire, et un relevé de rentes si vous êtes reconnu mutilé du travail.

La voie postale : une exception géographique

Dans quelques territoires spécifiques, Hautes-Alpes, Côte-d’Or, Eure-et-Loir, Lozère, Savoie, La Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, Polynésie française et Nouvelle-Calédonie, la demande doit encore passer par courrier. Elle est à adresser à la DDETS, à la préfecture ou à la sous-préfecture locale. Il convient de consulter le site de l’un de ces organismes pour vérifier lequel est compétent dans votre département.

Le dossier papier comprend le formulaire Cerfa n° 11796*01 complété et signé, la photocopie de votre pièce d’identité, les certificats de travail de chacun de vos employeurs successifs, une attestation récente du dernier en date, et les justificatifs militaires si besoin.

En clair : vous avez perdu l’un de vos anciens certificats de travail ? Ce n’est pas rédhibitoire. Une attestation établie par deux témoins et visée par le maire de votre commune peut remplacer le document manquant.

La demande depuis l’étranger ou à titre posthume

Depuis l’étranger, la démarche s’effectue via le formulaire Cerfa n° 11797*01, accompagné des mêmes pièces, et le dossier est envoyé à l’ambassade de France compétente.

Pour une demande posthume, un membre de la famille peut signer à la place du salarié décédé. Aucune ancienneté n’est requise pour la grande médaille d’or lorsque la demande fait suite à un accident mortel dans l’exercice de la profession.

Ce qui se passe après l’instruction

Le préfet, la Direccte ou l’ambassade fait procéder à une enquête sur l’honorabilité et la moralité du candidat avant de statuer. La décision prend la forme d’un arrêté préfectoral publié au Recueil des actes administratifs, qui mentionne les nom, prénoms et profession du récipiendaire.

Les titulaires reçoivent un ruban ou une rosette selon l’échelon obtenu, ainsi qu’un diplôme rappelant les services récompensés. Ils peuvent aussi commander une médaille métallique auprès de l’administration des monnaies et médailles (11, quai de Conti, 75270 Paris Cedex 06), à leurs frais ou à ceux de l’employeur s’il y consent.

En dehors des promotions du 1er janvier et du 14 juillet, la médaille peut être remise lors de cérémonies d’un caractère exceptionnel ou présidées par un membre du gouvernement (D. n° 84-591, précité, art. 16).

La gratification : à quoi avez-vous droit et que vaut-elle vraiment en 2026 ?

Une prime conditionnée par votre convention collective ou l’engagement de votre employeur

Obtenir la médaille ne déclenche pas automatiquement le versement d’une gratification. Celle-ci n’existe que si votre convention collective, un accord d’entreprise, un usage d’entreprise ou une décision unilatérale de votre employeur la prévoit. Elle peut aussi résulter d’une pratique du CSE.

Pour savoir si vous y avez droit, commencez par relire votre convention collective, interrogez votre DRH ou consultez vos représentants du personnel. Si la gratification est bien prévue et que votre employeur ne vous la verse pas, vous disposez de recours.

Attention : la gratification est un élément de salaire

Ce point est souvent mal compris. La gratification liée à la médaille ne constitue pas une libéralité ou un geste de bonne volonté : c’est un élément de rémunération à part entière, versé à l’occasion du travail. En tant que telle, elle doit être intégrée dans la base de calcul du 13e mois (Cass. soc., 6 nov. 2024, n° 22-23.689 B). Si votre contrat ou votre accord collectif prévoit un 13e mois assis sur votre rémunération annuelle, la gratification médaille entre dans cette assiette.

En clair : si votre employeur calcule votre 13e mois sur votre rémunération de l’année, il ne peut pas exclure la gratification médaille de cette base. Une pratique contraire serait contestable devant le conseil de prud’hommes.

Fiscalité 2026 : l’exonération est supprimée

C’est l’un des changements les plus importants à connaître cette année. Jusqu’en 2025, les gratifications versées lors de l’attribution de la médaille bénéficiaient d’une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite d’un mois de salaire de base. Cette exonération a été supprimée par la loi de finances pour 2026 (L. n° 2026-103, art. 17, I, 5° ; CGI, art. 157, 6° abrogé). À compter de l’imposition des revenus 2026, la gratification est intégralement imposable.

En clair : si vous recevez votre médaille en 2026, préparez-vous à déclarer la gratification avec vos autres revenus. Aucune déduction spécifique ne s’applique plus.

Cotisations sociales : une tolérance, mais limitée dans le temps

La suppression de l’exonération fiscale a logiquement entraîné une réévaluation du régime social. La DSS a annoncé, le 10 avril 2026 au BOSS, la fin de l’exonération de cotisations de sécurité sociale liée à la médaille. Par mesure de tolérance, toutefois, cette exonération sociale continuera de jouer jusqu’au 31 décembre 2026 inclus. Au-delà, les gratifications seront soumises à l’ensemble des cotisations sociales, sans exception.

Jusqu’à cette date, la règle reste la suivante : la part de la gratification qui ne dépasse pas le salaire mensuel de base du bénéficiaire est exonérée de cotisations (Acoss, lettre circ. n° 2000-103, 22 nov. 2000). Ce salaire mensuel de base s’entend de la rémunération brute habituelle, hors primes d’ancienneté, primes de vacances, 13e mois et primes familiales (Cass. 2e civ., 10 déc. 2009, n° 09-11.730). Ce qui excède ce plafond reste soumis à charges.

La règle vaut de la même façon pour les avantages versés par le CSE à l’occasion de la remise de la médaille. La limite d’exonération s’apprécie en tenant compte de la somme globale reçue par le salarié, que ce soit de l’employeur, du CSE, ou des deux à la fois (Acoss, lettre-circ. n° 89-5, 4 janv. 1989).

Un point de vigilance supplémentaire : pour bénéficier de l’exonération sociale, le versement de la gratification doit intervenir concomitamment à la remise de la médaille. Un versement décalé dans le temps expose l’employeur à une réintégration de la totalité de la somme dans l’assiette des cotisations par les Urssaf (Cass. 2e civ., 16 sept. 2010, n° 09-10.346).

Enfin, l’exonération ne couvre pas les médailles propres à une entreprise, les “médailles maison”, ni celles décernées par des groupements professionnels (Cass. soc., 30 oct. 1997, n° 96-11.024).

Concernant le bulletin de paie, la prime versée par le CSE ou l’employeur en lien avec la médaille ne s’intègre pas dans le montant net social tant qu’elle reste exonérée socialement. Si elle dépasse le plafond et devient soumise à cotisations, elle entre alors dans le net social (BOSS, Montant net social, questions-réponses n° 24, 1er oct. 2024).

Votre employeur ne vous a pas versé la gratification : combien de temps avez-vous pour agir ?

La réponse dépend du fondement de votre réclamation. Si la gratification résulte d’un engagement unilatéral de votre employeur, la prescription est de trois ans à compter de la date à laquelle vous auriez dû la percevoir, par application de l’article L. 3245-1 du Code du travail sur la prescription des salaires (Cass. soc., 11 mai 2023, n° 21-15.187 FS-B).

Si, en revanche, vous pouvez établir que le refus de versement est lié à votre âge, un motif discriminatoire vous ouvre un délai plus long : cinq ans, propre aux actions en réparation d’une discrimination (Cass. soc., 4 juin 2025, n° 23-23.096 ; Cass. soc., 30 juin 2021, n° 19-14.543 B).

En clair : n’attendez pas trop longtemps pour agir. Plus la réclamation est tardive, plus la part prescrite de votre créance est importante. Seules les sommes dues dans les trois (ou cinq) dernières années restent récupérables.

FAQ

Combien d’années faut-il pour obtenir la médaille d’honneur du travail ?

Vingt ans pour la médaille d’argent, trente pour la vermeil, trente-cinq pour la médaille d’or et quarante pour la grande médaille d’or. Ces seuils peuvent être abaissés dans certains cas : travail pénible, incapacité professionnelle ou carrière effectuée hors de métropole.

Comment faire une demande de médaille d’honneur du travail en ligne ?

La demande s’effectue via FranceConnect sur la plateforme https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/mhtravail. Vous y joindrez votre pièce d’identité numérisée, l’attestation de votre employeur et, si besoin, vos justificatifs de service national.

Quel formulaire cerfa pour la médaille d’honneur du travail ?

Le formulaire Cerfa n° 1179601 est à utiliser pour les demandes par courrier en France métropolitaine (dans les départements qui acceptent encore la voie postale). Le Cerfa n° 1179701 est réservé aux demandes effectuées depuis l’étranger.

Quels documents fournir pour constituer son dossier ?

Une pièce d’identité, les certificats de travail de tous vos employeurs successifs, une attestation récente du dernier en date, et vos justificatifs militaires le cas échéant. L’absence d’un certificat de travail peut être compensée par une attestation de deux témoins visée par le maire.

La gratification médaille du travail est-elle obligatoire ?

Non, aucune loi ne l’impose à titre général. Elle n’est due que si votre convention collective, un accord d’entreprise, un usage ou un engagement explicite de votre employeur la prévoit.

La gratification médaille du travail est-elle imposable en 2026 ?

Oui. La loi de finances pour 2026 a supprimé l’exonération d’impôt sur le revenu dont bénéficiaient ces primes dans la limite d’un mois de salaire (L. n° 2026-103, art. 17, I, 5°). La gratification est désormais intégralement soumise à l’impôt.

La gratification bénéficie-t-elle encore d’une exonération de charges sociales en 2026 ?

Oui, mais jusqu’au 31 décembre 2026 seulement. Tant que la gratification ne dépasse pas le salaire mensuel de base du bénéficiaire, elle reste exonérée de cotisations sociales. À partir du 1er janvier 2027, cette tolérance disparaît.

Quel est le délai de prescription pour réclamer une gratification impayée ?

Trois ans si la gratification repose sur un engagement unilatéral de l’employeur (Cass. soc., 11 mai 2023, n° 21-15.187 FS-B). Cinq ans si le refus de versement constitue une discrimination à raison de l’âge (Cass. soc., 4 juin 2025, n° 23-23.096).

La médaille d’honneur du travail est-elle accessible aux retraités ?

Oui, à condition qu’ils remplissaient les conditions d’ancienneté au moment de leur départ en retraite, peu importe quand ce départ a eu lieu.

Peut-on demander la médaille à titre posthume ?

Oui. La famille dispose de cinq ans à compter du décès pour en faire la demande, si le salarié décédé remplissait les conditions requises. Pour la grande médaille d’or, aucune ancienneté n’est exigée si le décès résulte d’un accident mortel dans l’exercice de la profession.

Un agent contractuel de la fonction publique peut-il prétendre à la médaille d’honneur du travail ?

Oui. Les agents non titulaires des administrations publiques y ont accès. Les fonctionnaires titulaires et les agents relevant du statut de la fonction publique territoriale en sont exclus.

Vous avez des questions sur vos droits à la médaille d’honneur du travail ?

L’obtention de la médaille d’honneur du travail marque une étape importante dans une carrière. Mais entre les conditions d’ancienneté à vérifier, la procédure à respecter et une gratification dont le régime fiscal et social a profondément changé en 2026, les erreurs sont faciles. Si votre employeur n’a pas versé la gratification à laquelle vous aviez droit, chaque année qui passe réduit les sommes que vous pouvez encore récupérer.

Auron Avocat vous accompagne pour analyser votre situation, vérifier ce que prévoit votre convention collective et, si nécessaire, engager les démarches pour obtenir le paiement de ce qui vous est dû.

La prescription étant de trois ans pour une action en paiement de salaire (portée à cinq ans en cas de discrimination à raison de l’âge), n’attendez pas pour faire analyser votre situation.

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Auteur de l'article
Arnaud Sirven
Fondateur d'Auron Avocat

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